couvertureÎles Tragiques, Histoires terribles et magnifiques
Hugo Verlomme, David König et Valérie Paillé
Arthaud, Collection : L’esprit du voyage, 332 pages, mai 2009.

 

Ce recueil de récits nous révèle l'île dans toutes ses dimensions: paradisiaque, terre du renouveau, du ressourcement, de l’oubli et de l'utopie, de rêves et d’imaginaire, mais aussi terre angoissante, brutale, irrationnelle, huis clos insupportable où les passions se déchaînent… Ce furent des terres de refuge et d’espoir pour les millions de travailleurs de la mer, d’esclaves, de pirates, de hors-la-loi, de persécutés et de bannis, de naufragés aussi,  qui ont cru y trouver un asile et qui ont tenté d’y construire d’autres sociétés, d’autres « républiques ». Ces territoires d’accueil des représentants de L’Hydre aux mille têtes, en lutte contre "l’Hercule" de la société du progrès, de la conquête, du marché et de la force, innombrables et diverses à travers les mers du globe, ont connu des histoires aussi fabuleuses que dramatiques. Cet ouvrage nous invite, chapitre après chapitre à en découvrir quelques-unes…

Utopistes et naufrageurs : Eleuthera, Bahamas

Une géographie à nulle autre pareille : fin cordon tortueux de plages, bancs de sable blanc, passes et récifs, le tout surmonté par de vertes collines…. Un paysage à faire tourner les têtes, la carte postale rêvée du touriste. Pourtant, derrière ce décor d’île merveilleuse, se cachent d’autres réalités, moins sereines. Car « Eleuthera », par sa beauté, son isolement et sa virginité, a déclenché les rêves les plus fous et attisé d’improbables utopies. Dans ces eaux mystérieuses et spectaculaires, entre Sargasses et Bermudes, des hommes ont voulu réinventer le monde, mais leurs projets de société ont mené à la violence. Comme si ces îles paradisiaques finissaient toujours par engendrer, à la longue, une ivresse qui s’achève dans le sang… William Sayle, au milieu du XVIIème siècle, y voulut donner corps à ses rêves de « république idéale » pour fuir les persécutions dont lui et ses coreligionnaires avaient à souffrir. William Sayle rédigea le projet précis de « Plantation des îles d’Eleuthera (du grec « liberté »), anciennement appelées « Bahama », et les îles adjacentes…. ». La communauté d’utopies s’installa et prospéra… Jusqu’au drame… Puis ce furent successivement le règne des pirates, des pilleurs d’épaves, enfin celui des sauveteurs ;… ces îles survivront-elles à la montée inexorable des eaux de notre XXIème siècle ?

No man’s Land : Clipperton, Pacifique Est

Sur certaines îles, de toute évidence, l’homme n’a pas sa place. Des îles non seulement inhospitalières, mais qui n’aiment pas que l’on s’y installe. Le sort en décide parfois autrement et, ici, sur ce confetti dans le Pacifique, quelques dizaines d’humains vont se trouver prisonniers d’une île qui semble néanmoins vouloir se débarrasser d’eux par tous les moyens. Ici, le drame humain s’enchevêtre avec les méandres et les soubresauts de l’Histoire et de ses guerres, pour donner naissance à une tragédie pleine de rebondissements, avec son lot de héros, de traîtres et de martyrs.

Seul atoll coralien du Pacifique Est, cette terre inhospitalière, entourée de récifs, très basse sur l’eau, constitue une couronne d’îles de 12 km de circonférence, pratiquement dénuées de végétation où domine un rocher basaltique de 29 m de hauteur. Si la faune pélagique y est très riche, celle terrestre est au contraire très pauvre, dominée par 12 millions de crabes oranges, dits « de Clipperton » et par le rat, seul mammifère de l’île. Son nom lui a été donné par un flibustier John Clippington, alias Clipperton, qui en fait sa base secrète et y laisse peut-être… son trésor. Ce rocher perdu, nommé « île de la passion » par les français à la fin du XVIIIème siècle, sera le théâtre d’une incroyable épopée humaine, d’abord la quête du guano qui suscitera à la fin du XIX ème siècle une convoitise aiguë, la plantation de cocotiers et l’introduction de cochons, puis, par les hasards de l’Histoire, celle du trésor pour sauver un équipage abandonné enfin celle d’un épouvantable huis clos, celui des « oubliés de Clipperton » autour de trois personnages principaux, Ramon, Alvarez et Alicia…

Kabris, une île dans la peau : Nuku Hiva, îles Marquises

Les Marquises, archétype des îles merveilleuses, de celles où naissent et s’évaporent les rêves… La perle de cet archipel s’appelle Nuku Hiva. Certains voyageurs l’ont comparée, par sa forme, à une étoile ; tous l’ont trouvé splendide. Elle pousse une vingtaine de pointes rocheuses vers la mer, entre lesquelles se déploient des baies entourées de falaises ; de ses plages de sable partent des vallées qui s’élèvent jusqu’à des sommets déchiquetés et verdoyants. Elle est le berceau d’une civilisation érotique et guerrière. L’ivresse de cette île a touché de grands esprits. Stevenson, Melville, Segalen, Brel, y ont dissous leur âme.

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L'archipel Nuku Hiva

Au XIXème siècle, le premier Occidental à avoir éprouvé ces passions fut un jeune français, qui s’est à ce point identifié à l’île qu’il a fini par se confondre avec elle… Jeté parmi les sauvages marquisiens, Joseph Kabris va finir par devenir l’un d’entre eux. Il délaissera ses vêtements d’Occidental pour l’insigne honneur d’être tatoué sur tout le corps – un corps qui a enflammé, indigné, amusé, intrigué les imaginations froides de l’Europe… A travers ce destin extraordinaire, nous découvrons les mœurs terribles et la sauvagerie des guerriers cannibales, nous suivons la route de Kabris, devenu prince de Nuku Hiva, puis phénomène de foire ; un homme arraché à son île, mais qui restera hanté par cette perle des Marquises jusqu’à son dernier souffle.

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J. B. Kabris le Tatoué. Dessin publié dans le livre de Von Langsdorff

Mousse à quatorze ans, prisonnier quinze mois sur « les pontons de Portsmouth », Joseph Kabris entre au service de la marine de sa majesté et est blessé au cours de la  « malheureuse affaire de Quiberon ». Rapatrié en Angleterre, il guérit et s’embarque comme matelot à bord d’un baleinier qui sombrera corps et âme dans le Pacifique sud. Seul Joseph Kabris et le cuisinier du bord, un certain Robarts en réchapperont. Commence alors une formidable et incroyable aventure au contact d’une île exceptionnelle….

La sanglante odyssée du Batavia : Houtman, Abrolhos, océan Indien

Abrolhos ! Ouvrez l’œil ! Si seulement l’archipel pouvait crier son nom, il éviterait de passer pour un écueil vicieux. Des 122 îles et récifs qui le constituent, aucun n’avance de formes suffisamment généreuses pour qu’on le distingue et qu’on envisage de se lancer dans une technique d’approche. Tel le trou noir, ou les sables mouvants, l’îlot se révèle à la foulée, surgi de nulle part. Pas une dune ni une courbe, pas un buisson : rien que du débris de corail coupant, aplani par les souffles et craché par l’écume, ainsi que de gros cailloux, plats comme la paume de la main. Situées à l’extrémité de l’océan Indien, au large des côtes australiennes, les Houtman Abrolhos parent le détroit de la Linotte de perles flottantes, jaunes et grises. Précédées de barrières impétueuses, traversées par les vents sifflants, les Abrolhos ont été créées en même temps que les sirènes pour aimanter les plus beaux navires et leur offrir une mort certaine. Une légende grecque raconte que le corail provient de la rencontre du sang versé par la tête tranchée de la Méduse avec le varech.

Quand le Batavia rencontra le récif du matin, cette nuit du 3 juin 1692, le corail crissa sur le bois de la coque et l’on crut entendre les râles hystériques de la Gorgone. 201 rescapés vont y survivre, lutter, se séparer sur les différents îlots, se déchirer, s’entretuer. Un personnage diabolique émergera de ce marasme en la personne de Jeronimus Cornelisz qui, antinomiste considérant qu’il avait atteint un état de grâce perpétuelle, affirma que les lois morales ne s’appliquait pas à lui. En effet, il déclara : « Tout ce que je fais, c’est Dieu qui le met en mon cœur ». Il fera régner la terreur jusqu’à ce qu’il soit pendu avec six de ses principaux lieutenants, les sept potences restant les seuls témoins de cette terrible aventure.

La joie et l’horreur : Gorée, Atlantique Nord

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Plan de l'île de Gorée datant de 1685

C’est une toute petite île qui mesure à peine 900 mètres du nord au sud et 300 mètres d’est en ouest, toute proche du continent africain, mais qui a concentré à elle seule les paradoxes et les horreurs d’une société qui se livre à l’esclavage. A quelques mètres les uns des autres coexistent des esclaves traités pire que du bétail et des esclavagistes aux mœurs débridées, s’adonnant à des fêtes orgiaques où peaux noires et blanches se mêlent. Ici, point d’aventure ou de rebondissements, Gorée est une île tragique dans la durée et la répétition de l’horreur quotidienne. C’est aussi un triste modèle de l’exploitation et de l’assujetissement, dans un microcosme où des Blancs vivent maritalement avec des Noires et où les Noirs libres côtoient les esclaves en partance. « L’île de Gorée n’est susceptible d’aucune culture et elle n’a d’autre destination que de protéger la traite des Noirs et de servir d’entrepôt pour cette traite ». Instructions du roi au chevalier de Boufflers, 18 novembre 1785.

C’est notamment le séjour de ce chevalier qui est évoqué dans ce texte, permettant de révéler le drame de cette île. C’est ainsi que l’on est obligé de constater que, au siècle des Lumières, on reproduit l’esclavage le plus classique et que l’on prolonge l’opinion des siècles passés. Rien de changé depuis Aristote qui considérait les esclaves comme « une sorte de propriété animée » et qui écrivait : « Il y a dans l’espèce humaine des individus aussi inférieurs aux autres que le corps l’est à l’âme ou que la bête l’est à l’homme, ce sont les hommes chez qui l’emploi des forces corporelles est le meilleur parti qu’on puisse tirer. Ces individus sont destinés par la nature elle-même à l’esclavage, parce qu’il n’y a rien de meilleur pour eux que d’obéir. »

L’île sans retour : Pitcairn, Pacifique Sud

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Pitcairn

Les îles sont des livres ouverts sur l’océan. Leur topographie ou leur situation reflète, à elles seules, les démons et merveilles qu’elles peuvent receler. L’île de Pitcairn est non seulement l’une des îles les plus isolées du monde, mais elle est aussi inabordable ou presque. Et c’est ce « presque » qui a suffi comme terre de salut aux mutinés du Bounty rêvant d’échapper à la justice, mais aussi de recréer une micro-société où se mélangeraient Européens et Polynésiens. Pitcairn est d’abord apparue comme une délivrance à ces hommes sans terre, mais c’était oublier son allure de forteresse d’où l’on ne s’échappe pas. Dans l’enivrant isolement de cette prison naturelle, les pires travers de l’âme humaine se sont, une fois de plus, révélés… Nul besoin de rappeler l’aventure du Bounty, de son capitaine Bligh, de Flechter Christian et de ses marins mutinés. La vie sur Pitcairn, ici évoquée, révèle le rêve de ces hommes, désireux de créer de nouveaux rapports entre eux mais bientôt rattrapés par leurs travers et leurs frustrations, exacerbés par leur enfermement.

Meurtres en série sur une île du Nouveau Monde : Salt Spring Island, Pacifique Nord-Est

En ce milieu du XIXème siècle, la Colombie Britannique n’était pas encore rattachée au Canada. Un climat maritime aux hivers tempérés, des forêts à perte de vue, des centaines d’îles et d’îlots protégeant les terres de la puissance des océans… Cette colonie aux terres vierges, entre Pacifique et Rocheuses, faisait rêver pionniers et chercheurs d’or, venus d’Europe et d’Amérique. Salt Spring est l’une de ces îles merveilleuses et fertile des eaux froides, où l’on croise l’ours, le loup, l’aigle, le saumon, l’orque, les animaux les plus nobles de cette partie du globe. Les tribus indiennes y sont installées depuis plus de 8000 ans lorsque des étrangers arrivent d’un peu partout : Angleterre, Portugal, Hawaï, Etats-Unis, … Parmi eux d’anciens esclaves afro-américains qui fuient les persécutions raciales. Mais la cohabitation ne se fait pas sans mal… Une fois de plus, le huis clos de l’île se révèle propice à la haine et au crime.

Trois meurtres sont commis contre des colons noirs, tous attribués aux indiens, malgré l’absence de preuves formelles. Justice hâtive, irrégularités de procédure, témoignages fallacieux… Difficile dans ces étranges meurtres insulaires de démêler le vrai du faux. L’affaire des meurtres de Salt Spring est devenue aujourd’hui un cas d’école pour montrer comment se forge une erreur judiciaire. Et comme le ou les coupables n’ont pas été retrouvés, le dossier reste ouvert. Avis aux amateurs d’affaires non classées… Ce récit est conduit comme un roman policier. On suit la confrontation entre pionniers blancs et noirs et indiens et, à travers les souvenirs de Sylvia Spring, méticuleusement recueillis par sa fille, le réalité des noirs de l’époque, l’esclavage, l’abolitionnisme, les espoirs d’une vie meilleure et le racisme toujours présent, larvé, en toile de fond…

Le bagne des enfants : île du Levant, Méditerranée

Paradis naturiste, joyau méditerranéen, le Levant possède les séduisants atours de ces îles préservées qui font la joie des amoureux de la nature. Elle recèle pourtant en son sein un secret honteux, que les touristes venus lézarder sur ses plages sont loin de soupçonner…. Des incursions barbaresques aux rivalités franco-espagnoles en passant par la colonisation monastique, l’île a mué au gré des heurts politiques et a connu plus de déchaînements de violence que de périodes calmes. Mais son plus grand traumatisme reste le souvenir de centaines de petits bagnards maltraités et des 99 enfants morts entre 1861 et 1876 dans la plus grande indifférence. Battus, affamés, épuisés au travail dans une colonie pénitentiaire qui aurait pu concurrencer Cayenne, ils ont désormais leurs noms gravés sur une stèle au cœur de l’’île, comme une goutte de sang toujours humide.

Du repaire de pirates, qui de l’antiquité à la Renaissance ont sillonné la Méditerranée et terrorisé les populations de la Provence, l’île du Levant, après avoir été prise dans la tourmente liée aux évènements de la première moitié du XVIIIème siècle (invasion de la Provence par le Duc de Savoie, guerres de succession d’Autriche et guerre de sept ans), va devenir le bagne des petits va-nu-pieds que Napoléon III fait ramasser dans les villes de France pour les envoyer dans des « colonies agricoles privées » pour délinquants juvéniles, transformant les gavroches en main d’œuvre bon marché, exploitable par quelques hommes d’affaires peu scrupuleux. On suit la souffrance quotidienne de ces enfants, leurs révoltes terribles et les répressions sauvages et inhumaines qui s’en suivent. Des pages peu glorieuses de notre histoire économique et sociale, généralement savamment cachées, et heureusement révélées ici.

Une larme dans la mer : Tromelin, océan Indien

Après avoir provoqué bien des drames, cette île minuscule en forme de larme est devenue un symbole. Celui de la résistance humaine, des capacités à survivre en milieu hostile, mais aussi de l’esclavage, qui donne à cette aventure une autre dimension. La longue survie des derniers naufragés de Tromelin dans l’océan Indien comporte de nombreuses énigmes que les chercheurs s’efforcent de traquer aujourd’hui encore, dans les textes mais surtout par des expéditions archéologiques. C’est le 31 juillet 1761 que le navire l’Utile, chargé de 132 hommes d’équipage et de nombreux esclaves enchaînés en fond de cale, heurte le récif et se disloque entrainant la mort de 10 membres d’équipages et de dizaines d’esclaves. Au petit jour ils sont 206 à parvenir à atteindre l’île, dont 122 membres d’équipages et 84 esclaves… Au bout de quelques jours la décision est prise de construire une embarcation qui prendra la mer deux mois plus tard en emportant tous les 122 Français, membres de l’équipage, et laissant à leur triste sort les esclaves malgaches… qui y resteront 15 ans…

Une île mise à mort : Chios, mer Egée

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Les Massacres de Scio, Eugène Delacroix, 1824

Chios n’est pas une île sans histoire, comme c’est le cas de tant d’archipels jetés à travers les mers, parfaitement isolés de la civilisation. Ce n’est pas non plus un rocher sauvage perdu dans le rêve, essence fantasmée de l’île déserte, terre idéale pour les recommencements ; on n’y aborde pas comme sur les rivages de l’utopie où l’homme peut de nouveau s’inventer ex nihilo, comme pour la première fois. Au contraire, Chios est vénérable d’antiquité ; son histoire reflète et exprime celle de la civilisation, qu’elle a contribué à façonner : l’histoire du progrès, de l’industrie, du commerce et des arts. En un mot, Chios est un concentré de la Grèce. Cette île au front de roc couvert de rameaux fut le théâtre d’un des plus épouvantables massacres de l’histoire, au point que son sacrifice allait devenir un symbole de la nation Grecque.

L’île parfumée va en effet embrasser la cause de l’insurrection grecque contre les turcs, galvanisée par le chef historique de la rébellion à Samos, Lycurgue Logothetis, plus doué pour les rodomontades et les escarmouches que pour la conduite d’opérations militaires et l’élaboration de stratégies et un exalté qui se rêve meneur d’hommes, Antonio Bournias. Très circonspects car conscients des dangers encourus et de l’issue fatale, les démogérontes et la quasi-totalité de la population les supplient de réembarquer. Rien n’y fait. On assiste alors à un premier acte de comédie où les "ilbérateurs" se pavanent et tentent en vain avec quelques méchants fusils de déloger la garnison turque qui s’est sagement repliée dans la forteresse, la ville haute habitée par les turcs. Lorsque la flotte du Sultan, pilotée par le terrible capitan-pacha Kara-Ali, parvient en vue de l’île, c’est la panique. Les jours qui suivirent furent ceux d’un massacre sans nom, s'’étendant peu à peu et méthodiquement à toute l’île, où la cruauté et l’inhumanité triomphèrent.

Le seul effet positif de cet évènement fut d’avoir provoqué une mobilisation sans précédent pour la cause grecque. Les sociétés occidentales réagirent, les romantiques s’en émurent. Byron s’engagea au côté des grecs et périt sous les murs de Missolonghi. Les poètes comme Béranger, Casimir Delavigne et Alfred de Musset composèrent des œuvres inspirées par le massacre de Chios. Victor Hugo, surtout, écrivit le bouleversant poème « L’enfant », ce bel enfant grec aux yeux bleus qui ne veut ni fleur, ni fruit, ni l'oiseau merveilleux mais de la poudre et des balles, hymne compatissant qui s’achève fièrement par un appel à la révolte, ou encore l’appel au soutien du peuple Grec dans « Enthousiasme » contenu dans le recueil « Les Orientales» : « En Grèce ! En Grèce ! Adieu, vous tous ! Il faut partir ! ». De nombreux peintres s’en inspirèrent également, notamment Eugène Delacroix qui présenta son œuvre monumentale intitulée "Les Massacres de Scio" en 1824.

S’achevant sur l’évocation de Chios, cet ouvrage se referme en laissant, malgré tout, un goût de sel et d’aventure, de rêves et de rages revigorantes. Un livre à découvrir et à relire sans modération.

 

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