25 juin 2008
Brothers
Je ne résiste pas à l'envie d'évoquer ici, Brothers écrit par Yu Hua, auteur d'origine chinoise, même si je n'ai lu que les cent premières pages de ce monument (dans tous les sens du terme!.. 717 pages!) Le roman, sorti en traduction française chez Actes Sud en avril dernier semble être une œuvre absolument étonnante, dérangeante et incontournable si nous voulons comprendre l'état de la Chine actuelle. Une lecture essentielle, donc, avant, pendant et après les J.O. de Pékin. Quoi qu'il en soit, ce que j'en ai pour l'instant découvert est très décapant!
Je vous livre ici la critique de Mikael Demets publiée sur Evene :
"L’écriture de Yu Hua possède assez de légèreté pour que la lecture,
rythmée, portée par des chapitres courts, tienne la distance de ces 700
pages. Dès l’ouverture, le ton humoristique étonne par sa propension à
l’exagération : un soupçon de scatologie surprenant stimule un récit
enlevé. Yu Hua narre la vie de ces deux demi-frères, Li Guangtou et
Song Gang, qui grandissent en même temps que la Chine. Quand s’abat
soudain, au beau milieu de leur enfance, la Révolution culturelle, le
récit bifurque d’un coup : d’une atmosphère insouciante et piquante, on
bascule dans l’horreur. L’auteur décrit cette explosion meurtrière à
travers un lynchage ou une séance de torture choquante. Tout le livre
repose sur cette faculté de mutation de la plume de Yu Hua, capable
d’embrayer sur un rebondissement terrifiant de cruauté après une scène
ridicule décrivant, par exemple, un trafic d’hymens artificiels (!).
Ainsi, chaque passage met l’autre en valeur, et la pureté des
sentiments - l’amour des deux frères en premier lieu - paraît encore
plus intense.
Des grandes fresques littéraires, Yu Hua conserve la
densité, tout en préférant à leur grandiloquence un ton absurde et
burlesque. Pourtant, c’est cette voix atypique, sans pudeur ni souci de
crédibilité, qui donne à ‘Brothers’ la force pénétrante d’une oeuvre
majeure. En imaginant un concours “Miss jeune vierge” ou en greffant
une poitrine féminine artificielle à son héros, c’est la folle histoire
de la Chine des années 1960 à nos jours que dépeint Yu Hua. Derrière la
gaudriole, l’écrivain chinois caricature, dénonce, raille, admire ou
regrette et, finalement, à force de la déformer, cerne la réalité. Le
roman parvient à recréer l’évolution d’une population schizophrène
embarquée contre son gré dans la marche en avant effrénée de
l’Histoire. En résulte une œuvre déroutante, instable, à l’image de la
Chine actuelle, qui prend au fil des pages une ampleur saisissante."
09 mars 2008
Bad Monkeys
Encore un nouveau roman qui vient s'ajouter à la liste de ceux que j'ai déjà entamés. Je me suis laissée séduire par trois noms en 4ème de couverture : Thomas Pynchon, Philip K.Dick et Jim Thompson. Influences que convoque, a priori, le roman de Matt Ruff sorti le mois dernier en librairie. Affaire à suivre, donc. On en reparle (ou pas!) dans quelques temps!
14 février 2008
L'homme du lac
Arnaldur Indridason est un écrivain très connu dans ce pays de glace et de feu qu'est l'Islande où il réside. Il a fallu attendre 2005, pour qu'enfin, en France on trouve la traduction de son premier roman La cité des jarres. Ont suivi respectivement La femme en vert, un petit bijou de noirceur et d'une grande ingéniosité narrative, puis La Voix.
La particularité de ces romans est qu'ils semblent d'abord s'inscrire dans le récit policier-on y suit effectivement, à chaque fois, les enquêtes d'Erlendur (fabuleux personnage d'enquêteur désabusé)-pour finalement aborder des thématiques qui deviennent les véritables pivots et moteurs des récits : il y est souvent question d'interrogations sur la filiation, la famille, l'incommunicabilté entre les êtres, la douleur de vivre. Il sourd toujours dans les textes d'Indridason beaucoup d'émotion.
IrmaVep s'est procuré le dernier en date, L'homme du lac, paru le 7 février dernier, et promet d'en parler très vite dans ce blog.
13 février 2008
En inquiétante compagnie
Cet ouvrage de Carlos Fuentes est un recueil de nouvelles, sorti en France en novembre 2007, au centre desquelles évoluent des personnages qui n'ont rien à envier aux vampires...
IrmaVep pourra en dire plus une fois le livre refermé.
En attendant, on pourra toujours aller faire un tour sur cette page du Monde Diplomatique où l'on trouvera un article rédigé par Fuentes et qui s'intitule "A la louange du roman".
11 février 2008
Les intermittences de la mort
José Saramago a obtenu en 1998 le prix Nobel de littérature.
Les intermittences de la mort, son dernier roman, va faire reparler de lui dans ce blog...
IrmaVep s'est jetée dessus toutes griffes dehors, ce matin, en librairie! Début prévu de la lecture : ce soir, après ce billet!
Extrait de la quatrième de couverture :
"Dans un pays sans nom, un événement extraordinaire plonge la population dans l'euphorie : plus personne ne meurt. Mais le temps lui, poursuit son oeuvre, et l'immortalité, ce rêve de l'homme depuis que le monde est monde, se révèle n'être qu'une éternelle et douloureuse vieillesse."
Le troisième policier
Ecrit en 1940, ce roman a été refusé par les éditeurs avant d'être publié à titre posthume en 1967, après la mort de l'écrivain irlandais Flann d'O'Brien.
"Un narrateur unijambiste, affligé d'une jambe en bois et d'une âme
-prénommée Joe- accrochée à son porte-bagages, une mystérieuse cassette
égarée, des vols de pompes à vélo, des policiers convaincus de l'"humanité de la bicyclette" : Le Troisième Policier est un casse-tête d'une folle logique. Dans cette échappée, l'imagination sans frein est relayée par une prose flamboyante. "Si
un ami, comme disait Wittgenstein, c'est quelqu'un avec qui on peut
débiter des kilomètres de non-sens, les livres de Flann O'Brien sont
les meilleurs amis qui se puissent trouver", note l'écrivain Linda Lê dans sa préface. On lira également avec bienfait l'introduction ("When the saint is cycling in")
du traducteur Patrick Reumaux. Son prélude est un échauffement de
l'esprit, et le prologue indispensable à ce roman évidemment déjanté"
Article paru dans Le Matricule des Anges n°44, mai-juillet 2003
Linda Lê écrit, dès le début de sa préface, que les livres d' O Brien sont "des toniques administrés par un Hippocrate irlandais au désespoir loufoque, qui remédie par le rire à l'inconvénient d'être né[...]." Cette dernière formule aurait de quoi faire réfléchir Cioran!
IrmaVep confirme: voici un texte qui aurait pu entrer dans les collections du Vampire Actif, si, en 1940, l'association avait existé! La lecture du récit est des plus délirantes pour l'instant!
10 février 2008
Vente à la criée du lot 49
Initialement paru en 1966, ce court texte de Thomas Pynchon, est extrêmement déroutant. Il est entre les canines d'IrmaVep en ce moment.