lolitaAujourd’hui, fin de Lolita. Pauvre Lolita ! Même si, tout compte fait, elle n’apparaît pas si malheureuse dans le récit édifiant de son beau-papa, confectionné comme un écrin pour elle. Qui d’ailleurs, aujourd’hui, penche en faveur du désespoir des Lolitas ? Ne titillent-elles pas ingénument, et tout aussi chastement, le désir de ces messieurs dont l’aiguille du désir approche les midis ? Tout commence donc par un jeu que Lolita, douze ans, joue avec l’élégant quadragénaire qui vient de s’installer dans la maison de sa maman, Charlotte Haze. Un temps même, le locataire se confond avec cet irlandais ténébreux dont Lolita la midinette a épinglé la photo au-dessus de son lit. Tendre, oui, tendre Lolita…

 

Qui aurait pu penser, pas toi Lolita, que ce locataire deviendrait Beau-papa et qu’il t’emmènerait de motels en motels (comprendre aussi de chambres en chambres), sur les routes d’Amérique, dans la berline bleue de feue Charlotte ? Car, dixit Beau-papa Humbert :

Elle n’avait, voyez-vous, absolument nulle part où aller.(1)

 

Lolita, doublement prisonnière

 

On ne saura pas grand chose du véritable malheur de Lolita. A moins de lire entre les lignes, de sentir en creux la mélancolie de Lolita à travers ses caprices et ses tentatives de fuites. Lolita n’est pas un roman moral, dans le sens où il laisse au lecteur le soin d’y apporter ses propres constructions éthiques. Si Lolita avait écrit Lolita, le roman n’aurait pas fait scandale. Et si le roman a fait scandale, c’est que Humbert Humbert prend des libertés de ton qui font douter le lecteur de la véritable intention de son témoignage. Car Lolita est doublement prisonnière du désir singulier de Humbert Humbert. Le témoignage qu’il écrit n’a pas pour vocation première d’être un aveu ou une confession expiatoire, quoiqu’en dise la préface écrite par le Dr Ray, un double de Nabokov. Ce document circonstancié sur les événements, qui s’étend sur près de six cents pages, permet à Humbert de revivre une seconde fois les frémissements et l’emballement de son désir pour la nymphette Lolita (une catégorie particulière d’enfant).

 

J’aimerais maintenant introduire l’idée suivante. On trouve parfois des pucelles, âgées au minimum de neuf et au maximum de quatorze ans, qui révèlent à certains voyageurs ensorcelés, comptant le double de leur âge […], leur nature véritable, laquelle n’est pas humaine mais nymphique (c’est-à-dire démoniaque) ; et ces créatures je me propose de les appeler « nymphettes ».(2)

 

La logorrhée de Humbert – c’est un universitaire, spécialiste de Littérature anglaise et française – devient le lieu de son plaisir réitéré. Humbert nous met en position de voyeur mais ce n’est pas ça qui est « scandaleux » dans Lolita (le lecteur, du reste, adore les positions de voyeur, pourvu qu’on ne lui refuse pas son droit à l’indignation). Le malaise vient d’ailleurs : tout au long de son témoignage, Humbert Humbert cherche à attirer le lecteur dans son fantasme jusqu’à tenir parfois pour acquise la connivence. S’il est prêt à reconnaître sa faute, il ne le fait que progressivement, et d’abord à mots couverts – le mot criminel dont parfois il se revêt vient de très loin, il s’agit presque du mot d’un autre. Peu à peu cependant, la conscience coupable, imparfaitement verbalisée, remonte en suspension trouble comme la vase d’un marais. Elle plonge Humbert dans l’incertitude. Il prend soudain au sérieux sa possible condamnation. Il n’est plus temps de jouer. Humbert est alors bien obligé d’obéir aux injonctions de la morale unanime. Mais l’adresse de ses aveux à un jury n’y fait rien. Humbert le malappris est en train de jouir devant nous de son propre récit. Même dans cette tentative tardive d’envisager les répercussions de ses actes sur Lolita:

 

Tant que l’on ne pourra pas me prouver […] que cela est sans conséquence aucune à très long terme qu’une enfant nord-américaine nommée Dolores Haze ait été privée de son enfance par un maniaque, tant qu’on ne pourra pas le prouver (et si on le peut, alors la vie n’est vraiment qu’une farce), je n’entrevois d’autre cure à mon tourment que le palliatif triste et très local de l’art verbal. Pour citer un poète de jadis:

Le sens moral chez les mortels n’est que la dîme

Que nous payons sur le sens mortel du sublime.(3)

 

Tournure bizarre… il faut s’y reprendre à deux fois pour ne pas faire de contresens et comprendre la double négation – une rhétorique de celles qu’emploient les sophistes. Quant au sublime évoqué, il a toujours le dernier mot pour le lettré Humbert. C’est par le sublime que cet homme, brillant locuteur, tente d’échapper au poids de la culpabilité. L’objet de la faute devient aussi le lieu de l’oubli : Lolita comme philtre, comme absinthe. Lolita, rebaptisée déesse, Vénus, Carmencita, Lolita surinvestie, débordant de qualités, détaillée des pieds à la tête (Lo, li, ta, synecdoques), Lolita mythique, Lolita sur-surnommée : Dolores, Dolly, Lolita… variations d’un motif dans lequel s’abîme et se dissout le sens moral de Humbert Humbert, le bien nommé.

 

J’ai envisagé pour moi-même maints pseudonymes avant d’en trouver un particulièrement idoine. Je retrouve dans mes notes « Otto Otto », « Mesmer Mesmer » et « Lambert Lambert », mais je ne sais pourquoi, je trouve que le nom qui j’ai choisi exprime bien mieux la vilenie.(4)

 

On l’aura compris, il faut de toute façon que le pseudo choisi soit répété. Humbert Humbert : ce nom redoublé (dont l’origine est à chercher dans quelque personnage de Joyce) est parfaitement adapté au criminel. Lorsque se fait jour la conscience coupable, Humbert 1 charge Humbert 2, mécanisme du lâche qui trouve son bouc émissaire en lui-même. Dans le même temps, la culpabilité s’écroule. Humbert 1 y gagne la rédemption, et son désir anormal reste propre, se confond avec l’innocence démoniaque de son objet : la nymphette prépubère.

 

Non que Lolita soit innocente (à douze ans, elle n’est même plus pucelle), mais elle personnifie l’objet sublimé du désir de Humbert Humbert, la perversion étant ici un déplacement de l’objet sur un sujet qu’il vise à rendre opaque. Car Humbert ne comprend pas Lolita. Même s’il lui voue des mots d’adorateur, ces mots la voilent et tendent à l’effacer – qui connaît vraiment Lolita Haze (flou en anglais) ? Sa singularité est retorse au récit de Humbert, qui n’est certes pas dupe : il a conscience des caprices et de l’obscénité bien réels de Lolita, mais ce sont pour lui des appogiatures, des ornements nymphiques qui rehaussent son désir plutôt qu’ils ne l’entravent. Lolita finit toujours par redevenir la nymphette aimée. Même les traîtrises de Lolita envers son fantasque – et pâle – tortionnaire n’arrivent pas à entacher cet objet merveilleux qu’elle est pour lui. Il la chérit plus que tout, au point d’en faire cette pièce maîtresse sur laquelle repose tout l’édifice de son destin pathétique.

 

Vivian Darkbloom versus Humbert Humbert

Certains critiques de l’époque (Lolita a été publié en 1955) ont cherché l’origine de Humbert Humbert en Nabokov, déplaçant la perversion du personnage-narrateur sur l’auteur du livre. La position de Nabokov pour eux n’était pas claire. Mais on ne verrait fleurir que des bluettes, si toute la littérature ne s’écrivait que du point de vue moral des juges (ou bien alors, à l’inverse, que des livres pornographiques). Pour ces critiques, la Littérature ne serait donc que le lieu du jugement - au mieux celui du comprendre, et non pas le lieu du possible, comme résultant de l’Interaction de l’Inspiration et de la Combinaison.(5)

Entendons-nous bien : il y a du Nabokov dans chacune des lignes de Lolita. Certaines vues de Humbert Humbert collent étroitement aux vues de son créateur, quand bien même ne s’agirait-il que d’un effet statistique. Le style fouillé, les détails – qui n’ont pas le caractère obligatoire et austère des romans réalistes mais sont croqués par Nabokov comme autant de friandises – la causticité de certains traits, l’ironie omniprésente, sont des marques distinctives de l’écrivain, qui campe et mord dans cette Amérique évoquée comme un grand décor champêtre. Mais l’ironie de Nabokov transparaît à travers le manuscrit de Humbert Humbert, comme s’il s’agissait d’une sorte de palimpseste. Comme si à chaque remarque premier degré de Humbert correspondait une remarque second degré de Nabokov. Car la tâche aveugle du narrateur, sa mauvaise foi – qui fait de lui un salaud au sens sartrien du terme, n’est jamais la tâche aveugle de Nabokov. Il est vain de le croire, de la même façon qu’est futile ce travail acharné de tri méticuleux, afin de traquer l’auteur au cœur de ses personnages. Vladimir Nabokov, conscient de l’obsession exégétique de certains littérateurs, a truffé ses derniers romans de l’anagramme de son propre nom. Vivian Darkbloom est l’un des personnages périphériques – écrivain comme lui – de Lolita et de Ada (dont Vivian a annoté l’épais manuscrit). Gageons qu’il s’agit, pour Madame Darkbloom, de narguer le flair du retriever lettré par l’utilisation de quelque parfum entêtant.

 

Deux mots encore à propos de l’ironie chez Nabokov : Lolita, Ada et Feu Pâle sont tous les trois rédigés par un narrateur logorrhéique qui se place lui-même au centre de son récit. Ce narrateur est trop pris dans l’événement vécu et dans sa reconstitution biaisée, volontairement ou non, pour que son ironie puisse coïncider exactement avec celle de Nabokov lui-même. On sourit donc assez souvent, un peu aux dépens du narrateur qui, même quand il fait de l’humour, le fait à travers le prisme d’un autre écrivain (Nabokov). Ainsi, tout en étant manipulé par un narrateur toujours fantasque, qui sélectionne les éléments de son histoire afin de détourner notre regard de quelques évidences peu flatteuses, le lecteur n’est pas dupe. L’ironie de Nabokov surinvestit le récit de son narrateur. Avec un corollaire : les lecteurs sentimentaux déploreront l’impossibilité technique de trouver l’empathie totale avec les personnages de ses romans. (Ce qui sauvera le plus sentimental d’entre tous de s’identifier au pervers Humbert...)

 

Feu Pâle

 

feu_p_leLolita défraya la chronique par son thème sulfureux qui en voilait dans le même temps les trouvailles et la variété stylistiques. L’histoire contemporaine en a retenu et répliqué le nom, comme si le roman ne contenait que ce nom-là : boursouflé, hyperbolisé, vous l’avez compris, par les lubies de Humbert l’amoureux. Mais les œuvres postérieures de Nabokov font penser que le thème de Lolita n’est que secondaire. Ce qui l’intéresse, c’est de susciter une jubilation esthétique, à savoir le sentiment d’être relié quelque part […] à d’autres modes d’existence, où l’art (la curiosité, la tendresse, la gentillesse l’extase) constitue la norme. (6) Voilà peut-être la véritable origine du scandale : avoir choisi un thème tabou pour viser des fins esthétiques. (Et la préface à Lolita n’y fait rien. Le Dr John Ray a beau vouloir atténuer le récit de Humbert Humbert, en le lestant d’une intention pédagogique, personne n’est dupe. Pour Nabokov, l’invention passe avant la dénonciation.)

 

Il n’y a cependant pas de thème sensible dans l’œuvre qui succède chronologiquement à Lolita. Les rouages de l’œuvre apparaissent à nu dans la quasi-fantaisie qu’est Feu Pâle. La construction même de l’œuvre en est l’objet principal. Feu Pâle est constitué d’un poème (celui d’un dénommé John Shade) précédé d’une préface et suivi d’un corpus de notes, plus touffus que le poème annoté, et qui vampirisent totalement l’œuvre du poète pour mettre en avant son commentateur : Charles Kinbote. Ce Shade (nuance en anglais) est tout aussi flou que cette Haze. Les commentaires de Kinbote censés faire l’éloge et le dithyrambe du poète Shade, le détournent, le suppriment, l’effacent : Shade, comme Lolita, expire dans le récit asphyxiant du narrateur halluciné et fanatique. Feu Pâle est baroque, comme ce roi déchu de Kinbote, et nous plonge dans ces mécanismes horlogers dont la complexité nous émerveille. C’est un des romans les plus parfaits et les plus originaux qu’il m’ait été donné de lire. Les lignes de narration s’y entremêlent et troublent la réalité, quasi-inaccessible à travers les notes de Kinbote, personnage le plus fantasque de Nabokov (c’est dire !). Pour qui aime les romans-jeux, Feu Pâle est un grand terrain de jeux où décoder les allusions, décrypter les anagrammes, relever les clins d’œil. Quand le lecteur y parvient, ne serait-ce qu’un peu, le voilà plus intelligent, hissé à une position gratifiante – à la droite de l’auteur, son double, dont il partage soudain les partis pris cinglants et la grâce aristocratique (non que les commentateurs littéraires soient toujours en attente de l’œuvre d’un autre qui les valorise, bien entendu… ;-)).

 

Ada et l’enfance

 

adaChez Nabokov, l’accumulation des détails n’est pas volonté de réalisme mais de cohérence romanesque. Les défaillances de la mémoire sont palliées par l’imagination foisonnante des trois narrateurs, qui s’autorisent une grande liberté avec la vérité. Pour eux, toute vérité est relative et doit s’adapter, de préférence, à leurs desseins respectifs :

 

- Goûter impunément aux charmes de la nymphette pour Humbert Humbert ;

 

- Devenir la muse du poète vénéré pour Charles Kinbote ;

 

- Façonner leur propre légende pour Ada et Van (cette fois-ci en un vrai palimpseste).

 

Cela a bien entendu des conséquences sur la perception de l’univers dans ces trois romans : ils ont l’air d’être rêvés. Parfois même, ils n’existent pas quand bien même ils empiètent sur notre monde réel : où se situe le royaume de Zembla, dont Kinbote est le roi destitué et en fuite ? Où se trouve vraiment cette Riviera rutilante restituée par la mémoire de Humbert Humbert ? Quant à l’Amérique de Ada ou l’ardeur, c’est le produit d’une autre histoire que la nôtre. La sensation de rêve est ici poussée à l’extrême : l’univers des personnages est un univers parallèle, Antiterra, sensiblement différent de notre Terra par quelques avancées (ou retards) technologiques et par une cartographie étatique bouleversée. Dans Ada, la réalité est donc doublement altérée : par un arrière-plan uchronique (sans visée historique) et par le point de vue de Van, narrateur orgueilleux comme un paon, fantasque (encore une fois) et verbeux.

 

Les univers scintillants de Nabokov s’enracinent dans le monde de l’enfance qui marque à jamais la vie de ceux qui prennent la parole pour raconter leur histoire. Les lieux idylliques de l’enfance appartiennent à un monde non encore décomposé, revêtu d’une patine qui le protège de la réalité corrosive du temps qui passe. Le palace où Humbert enfant passe ses étés s’érige fièrement sur une Riviera mythique, qui a tout du paradis perdu ; le royaume de Zembla, pays natal de Kinbote, ressemble à quelque principauté privilégiée ; quant au château d’Ardis, il électrise Ada ou l’Ardeur de la première à la dernière ligne.

 

Dans ce château s’étire l’enfance de Van et d’Ada, évoquée sur plus de la moitié du plus long roman de Nabokov (et le préféré de l’auteur). L’enfance règne dans Ada. C’est un continent plus vaste que le reste de la vie. Le temps y est perçu au ralenti. Quant à l’ardeur en question, elle semble de nature électrique et trouve son générateur dans cette propriété d’Ardis qui se confond avec l’enfance des deux héros. Située en Amérique, Ardis pourrait être européenne, tant les univers se superposent comme des strates de souvenirs, tant la géographie n’est plus importante au sens strict dans Ada.

 

Les véritables continents sont ceux de la mémoire. C’est peut-être pour cela que Nabokov est l’écrivain exilé qui a le moins souffert de l’exil, se fondant avec une parfaite aisance dans ses multiples nationalités – russe, puis américaine, puis suisse – passant habilement de la langue russe aux langues française et anglaise. La nostalgie, pour lui, ne peut être vécue que sur le plan du souvenir. Il diffère de ces écrivains déchirés qui nourrissent avec leur terre natale une relation quasi-fusionnelle – Soljenitsyne en tête – et dont l’obsession presque vitale est de revenir physiquement sur les lieux de leur enfance.

 

*

 

Mais revenons à Lolita, starter de cette chronique, et tâchons d’en apprendre un peu plus. Humbert semble être resté bloqué sur une histoire de son enfance. Ici, pas de traumatisme spectaculaire. Et pourtant, pauvre bébé Humbert, dont la mère fut frappée par la foudre ! (encore un coup de Fée électrique qui, décidément, oriente fatalement les ardeurs des personnages de Nabokov.) Quelques étés plus tard, Humbert enfant s’enflamma pour une enfant du même âge, Annabel, bien plus délurée que lui, et archétype de Lolita. Mais l’éclosion de ce désir fut différée. En une phrase on apprend qu’Annabel mourut prématurément avant que la passion entre les deux enfants ne fût consommée, fixant définitivement la libido de Humbert sur l’objet nymphette. (Plus tard, Van et sa sœur Ada auront plus de chance et achèveront une mutuelle et ardente défloraison dans les parcs et les dépendances du Château d’Ardis. En cela, Ada va plus loin dans la transgression effective. Les coucheries interdites y sont plus nombreuses et s’y déploient en de plus étonnantes combinaisons. Mais le lieu de ces coucheries, la rêvée Antiterra, voilé par l’éclat poétique de l’enfance, a empêché Ada d’être touchée par un scandale à la Lolita.)

 

L’explication psy est donc livrée sur un plateau dès le début de Lolita et Nabokov n’insiste pas. On connaît sa défiance vis-à-vis du vaudou freudien (7) qu’il accuse de piper le réel avec ses propres données fictives. Si bien qu’il n’hésite pas à faire de Humbert Humbert son porte-parole lorsqu’il écrit : En ce milieu du XXe siècle, les opinions concernant les relations parents-enfants ont été considérablement perverties par le laïus scolastique et les symboles standardisés de l’imposture psychanalytique. (8) Pour Nabokov, les rêves n’expliquent rien, ou s’ils sont le reflet d’une réalité vécue, ce n’est pas selon la grille préfabriquée des psychanalystes. Les rêves n’expliquent rien, étonnante opinion pour un écrivain dont les romans baignent dans un onirisme permanent : c’est que le rêve est surtout une invention du personnage narrateur, une façon pour lui de brouiller la réalité, ou de la reconstruire. Pas besoin d’un inconscient pour cela. La raison – dans ses chassés-croisés avec elle-même – sait très bien le faire.

 

David Gray

 

 

(1) Lolita – I, 5

(2) Lolita –I, 33

(3) Lolita – II, 31. (Le poète de jadis est probablement Nabokov lui-même.)

(4) Lolita – II, 36

(5) A propos d’un livre intitulé Lolita (Postface de l’édition américaine de Lolita)

(6) A propos d’un livre intitulé Lolita (Postface de l’édition américaine de Lolita)

(7) A propos d’un livre intitulé Lolita (Postface de l’édition américaine de Lolita)

(8) Lolita – II, 32